Les techniques de travail



Quand on pense au vitrail, on pense aux églises et aux cathédrales. En effet, depuis le Moyen-âge, le vitrail, alors quasi-privilège de l’art sacré, était considéré comme une composition décorative, didactique, rapprochement à Dieu par les couleurs et la lumière. Pourtant aux États-unis et en Angleterre le vitrail est entré largement dans le domaine privé. Les maisons victoriennes, les pubs anglais, la décoration des demeures américaines, petites ou grandes, en témoignent depuis plus d’un siècle.




Le vitrail au plomb

Les gestes de la réalisation d’un vitrail traditionnel ne diffèrent guère de ceux du Moyen-âge. Le vitrail est esquissé à échelle réduite, puis l'esquisse est agrandie aux dimensions réelles : le carton. Le carton est reproduit sur un papier épais pour être découpé aux ciseaux à trois lames qui enlèvent une petite bande de papier correspondant à l'épaisseur de l’âme du plomb. En suivant les patrons ainsi formés, les verres sont découpés, éventuellement peints, gravés ou sablés si l’œuvre le demande, puis sertis par des baguettes de plomb. Les croisements de ces plombs sont soudés à l’étain. Le vitrail est ensuite mastiqué sur les deux faces pour le rendre étanche.

 




Frank Lloyd Wright, Maison McArthur
portes vitrées, Chicago, 1892
Frank L. Wright






Tiffany

La technique Tiffany

Il s’agit d’une technique relativement récente mise au point par Louis C. Tiffany à la fin du XIXe siècle. Après avoir tracé le carton et découpé son double aux ciseaux à trois lame, le verre est découpé suivant un gabarit. Les morceaux sont meulés, sertis par un ruban de cuivre, pour être ensuite soudés à l’étain.
On a ainsi la possibilité de réaliser des vitraux incorporant des morceaux de verres de petites dimensions, de faire apparaître les plus  petits détails sans utiliser nécessairement de peinture, en jouant avec les nuances et les couleurs infinies des verres coulés américains. Autre intérêt : la technique permet de réaliser des structures tridimensionnelles comme les lampes et autres objets de décoration





Louis C. Tiffany (1848-1933), Vitrail art nouveau,
vers 1905. Metropolitan Museum of Art, New York.



Le fusing

Les techniques de fusion sont sans doute contemporaines de l'invention du verre, mais seuls les fours modernes permettent l'obtention de produitss de grandes dimensions. Comme pour un vitrail, les pièces sont découpées dans des plaques de verre teintées dans la masse. Mais au lieu d'être serties, ces pièces sont placées sur une base, généralement transparente, et sont fusionnées entre elles par cuisson à plus de 800°C. Si besoin, la pièce ainsi obtenue est placée sur un moule pour être cintrée au cours d'un second cycle de cuisson.



Pièce réalisée à l'atelier
verre Bullseye , 2004

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